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Filets d’exclusion : tout est dans la maille

6 mars 2019

Par Gérald Chouinard, agr., chercheur entomologiste à l’IRDA

Des chercheurs de l’IRDA s‘associent à l’école Polytechnique de Montréal pour manipuler les propriétés physiques des mailles (forme, dimension et propriétés de surface) afin de tenter de maximiser l’effet protecteur des filets pour l’exclusion des ravageurs et leur sélectivité envers les auxiliaires.

Gérald Chouinard, entomologiste à l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnment (IRDA) à Saint-Bruno-de-Montarville, et Jason Tavares, ingénieur chimique à l’école Polytechnique de Montréal, se sont rencontrés en 2012 alors que le premier cherchait des partenaires de recherche pour développer des filets d’exclusion imperméables et adaptés à la pomiculture. Les filets pouvaient ainsi acquérir une certaine capacité d’action contre les infections de tavelure, en plus de leur effet connu et puissant pour la lutte aux insectes.

Cette association a débouché sur le développement d’une technique de « modification de surface » du polyéthylène, dont sont fabriqués la plupart des filets d’exclusion, afin de les rendre hydrophobes et ainsi réduire l’entrée d’eau par les mailles (Bérard, A., Patience, G.S., Chouinard, G., Tavares, J.R., 2016. Photo-initiated chemical vapour deposition to increase polymer hydrophobicity. Scientific Reports 6: 31574).

Dans leur projet actuel, auquel participent l’Association des fraises et framboises du Québec en plus des Producteurs de pommes du Québec, les huit membres de l’équipe cherchent à pousser encore plus les techniques de modification de surface, des deux façons suivantes : 1) en adaptant la technique aux plastiques « biosourcés »(ne provenant pas du pétrole) dont pourraient être fabriqués les filets dans quelques années; et 2) en vérifiant l’effet de modifications à plus grande échelle (forme et grosseur des mailles, type de maillage) sur l’efficacité d’exclusion de différents ravageurs fruitiers, comme la mouche de la pomme. En même temps, ils ont voulu vérifier lesquelles, parmi les configurations de mailles testées, pouvaient malgré tout laisser entrer différentes espèces de prédateurs et parasites de pucerons et de chenilles.

Les résultats de première année, réalisés en laboratoire par impression 3D de différents types de filets, ont démontré l’efficacité supérieure de la maille rectangulaire (2 :1) sur les autres formes testées (carré, triangle, lozange et octogone) concernant l’exclusion des ravageurs. Les femelles de drosophile n’étaient plus maintenues à l’extérieur du filet lorsque « l’épaisseur »  de la maille atteignait 2,4mm. Quant aux espèces utiles, les résultats varient évidemment en fonction des espèces, une épaisseur minimale de maille de 0.7 à 2.8mm étant nécessaire pour les laisser entrer.

Ces résultats démontrent l’efficacité du filet Proteknet 60 (mailles de 1 x 2 mm) pour l’exclusion de la mouche, mais suggèrent que des filets à mailles légèrement plus grosses pourraient laisser davantage entrer d’espèces utiles.  Un projet réalisé simultanément en vergers avec un autre filet (Artes: mailles de 2.3 x 3.4 mm) a permis de valider cette hypothèse: plus de prédateurs y sont entrés sans que son efficacité contre la mouche de la pomme soit affectée. Le projet se termine en juillet 2019.

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