Politique bioalimentaire : une question clé posée au ministre au nom de l’horticulture
À l’occasion du Congrès général 2025 de l’UPA, Éric Rochon, président des Producteurs de pommes du Québec et porte-parole de l’horticulture pour l’occasion, a interpellé le ministre Donald Martel sur un enjeu central pour l’avenir des productions horticoles québécoises.
Rappelant le dépôt, en août dernier, de la nouvelle Politique bioalimentaire du Québec, dont l’un des objectifs est de favoriser et d’augmenter l’achat de produits locaux, notamment dans les réseaux institutionnels et le secteur HRI (hôtellerie, restauration et institutions), M. Rochon a tenu à souligner une incohérence vécue sur le terrain.
Il a rappelé que les produits horticoles québécois, incluant les pommes, répondent à des exigences élevées en matière de salubrité, de normes environnementales et sociales, de qualité et de méthodes de production. Ces exigences sont imposées par les gouvernements eux-mêmes et reflètent les attentes des citoyennes et citoyens du Québec, qui soutiennent cette agriculture par des politiques publiques et des programmes structurants.
Or, en parallèle, les productrices et producteurs québécois se retrouvent en compétition directe avec des produits importés qui ne sont pas soumis aux mêmes normes, sans réciprocité réglementaire. Cette situation crée un déséquilibre important et limite l’accès des produits d’ici à certains marchés stratégiques.
Au nom du secteur horticole, Éric Rochon a donc demandé au ministre :
-
de mettre en place des cibles claires et mesurables afin de s’assurer que les objectifs de la Politique bioalimentaire soient réellement atteints ;
-
d’obliger les institutions gouvernementales, relevant de la responsabilité de l’État, à intégrer dans leurs critères d’achats des dispositions favorisant l’achat local ;
-
d’introduire une forme de réciprocité des normes pour les produits importés, afin d’assurer une concurrence plus équitable et de permettre aux produits québécois d’accéder davantage aux marchés institutionnels.
Cette intervention s’inscrit dans une volonté claire : permettre aux productrices et producteurs horticoles du Québec de rivaliser à armes égales, tout en contribuant pleinement aux ambitions de la Politique bioalimentaire et à l’autonomie alimentaire du Québec.